Pourquoi une note environnement des affaires       ?   

Pour apprécier les risques pays, la plupart des notations sont axées sur la liquidité et la solvabilité globale des pays.

Coface a toujours eu la spécificité d'appuyer son appréciation des risques sur son expérience microéconomique. Ainsi, outre les perspectives macro-financières et politiques, l'expérience de paiement sur les entreprises est un des facteurs qui permet d'élaborer les notes Coface@rating pays et secteurs.

Toutefois, pour améliorer l'approche des risques de crédit sur les entreprises, Coface souhaite davantage prendre en compte l'environnement des affaires. En effet, pour apprécier le risque de crédit, il est également important de savoir si les comptes des entreprises reflètent bien la réalité de leur situation financière et si, en cas d'impayé, le système juridique local permettra un règlement équitable et efficace.
      
En mettant à la disposition de tous, à partir de 2008, une nouvelle note environnement des affaires, Coface veut faire profiter de son expérience de la réalité du climat des affaires dans l'ensemble des pays du monde. Cette note se fonde sur son réseau mondial et l'expertise que lui apporte son expérience en matière de souscription des risques, d'informations sur les entreprises et de gestion de créances.

      Comment cette note est-elle élaborée ?
      
        Cette note a pour objet d'évaluer la qualité globale de l'environnement des affaires dans un pays. Elle mesure plus précisément si les comptes des entreprises sont fiables et disponibles, si le système juridique assure une protection équitable et efficace des créanciers et si l'environnement institutionnel et réglementaire est favorable aux transactions interentreprises.
      
      Comme pour la note pays @rating, les notes se situent sur une échelle de 7 niveaux, A1, A2, A3, A4, B, C, D dans l'ordre croissant du risque.

      
      Cette note est composée de deux modules.
      
      
1/ Le cœur de cette nouvelle notation repose sur l'expérience de Coface concernant la qualité des informations       disponibles sur les entreprises et la protection juridique des créanciers. Le module est construit à partir de réponses apportées par toutes les entités de Coface dans le monde à un questionnaire portant sur :

      - la qualité et la disponibilité des informations financières (cadre légal pour la publicité des comptes, disponibilité, accessibilité et fiabilité des comptes…)

      - la protection des créanciers et l'efficacité du recouvrement (grilles sur la procédure judiciaire accélérée, sur la procédure judiciaire ordinaire, sur les frais de justice, sur les procédures collectives…).
      
      Ces notes sont éventuellement comparées à d'autres sources comme la base de données «profils institutionnels » du Ministère français des Finances et validées par un comité interne afin d'obtenir homogénéité et comparabilité des réponses.
      
      2/ Cette notation basée sur l'expérience de Coface est complétée par un module sur la qualité de l'environnement institutionnel. Ce module évalue la qualité des institutions dont les forces et faiblesses peuvent affecter les entreprises, telles que l'efficacité des services publics (gouvernement, éducation, santé, infrastructures), la qualité de la réglementation, le respect de la loi et le degré de corruption. Il est calculé à partir de données externes.

Sont notamment pris en compte :

      - l'indicateur d'efficacité du gouvernement (Banque mondiale World Bank Institute) qui tient compte de la qualité du service public fourni et de l'efficacité des services administratifs.

      - l'indice de développement humain ou IDH qui est un indice statistique composite, créé par l'ONU, permettant de classer les pays du monde au regard de leur développement qualitatif. Il est la moyenne de trois indices quantifiant respectivement, la santé/longévité, le savoir ou niveau d'éducation et le niveau de vie.

      - l'indice de la qualité des infrastructures (énergie, transport, télécommunications; source : « Global competitiveness report » publié par le «Forum économique mondial»)

      - la qualité de la réglementation (Banque mondiale, World Bank Institute) mesurée à travers un indicateur qui tient compte de l'existence éventuelle de politiques hostiles au bon fonctionnement d'une économie de marché (contrôle des prix, faiblesse de la supervision bancaire…) et de la perception du poids des réglementations locales sur le commerce extérieur et sur le climat des affaires.

      - le respect de la loi – « Rule of law » (Banque mondiale World Bank Institute) qui est appréhendé à partir d'un indicateur mesurant la confiance des agents économiques en leur système judiciaire, l'efficacité et la transparence       de la justice et le respect des contrats.

      - l'indicateur de corruption (Banque mondiale World Bank Institute) mesure la perception de la corruption, cette dernière étant définie comme le détournement de biens publics à des fins privées.
      
      Ces indices sont construits généralement à partir d'enquêtes auprès d'entreprises.
      
   
Cette nouvelle note environnement des affaires sera désormais une des composantes de la note pays @rating à côté des données macro-économiques et politiques et de l'expérience de paiement de Coface.
 
      
      Définitions

                                                                                                                                                                                                                                           
A1L'environnement des affaires est très satisfaisant. Les bilans des entreprises sont (en général) fiables et disponibles. Le recouvrement de créances est efficace.             
Les institutions sont de qualité. L'environnement des affaires est favorable pour les entreprises.
A2L'environnement des affaires est satisfaisant. Les bilans des entreprises, quand ils sont disponibles,sont fiables. Le recouvrement de créances fonctionne convenablement.             
Les institutions sont globalement performantes. Les entreprises évoluent dans un cadre relativement stable mais perfectible.
A3L'environnement des affaires est plutôt satisfaisant. Les bilans des entreprises ne sont pas toujours disponibles mais sont relativement fiables. Le recouvrement de créances et les institutions peuvent présenter quelques lacunes. Les entreprises évoluent donc dans un cadre sécurisant mais des insuffisances peuvent poser des difficultés ponctuelles pour les transactions interentreprises.
A4L'environnement des affaires est convenable. Les bilans des entreprises sont parfois insuffisamment  disponibles ou fiables. Le recouvrement de créances n'est pas toujours      efficace et les institutions présentent des lacunes. Les entreprises évoluent donc dans un cadre acceptable mais parfois instable. Cela peut poser des difficultés pour les transactions interentreprises.
BL'environnement des affaires est moyen. La fiabilité et la disponibilité des bilans d'entreprise sont très variables. Le recouvrement de créances est parfois difficile.     
Les institutions présentent certaines fragilités. Les entreprises évoluent dans un cadre instable ou peu performant. C'est un facteur de risques à prendre en compte pour les transactions interentreprises.
CL'environnement des affaires est difficile. Les bilans des entreprises sont souvent indisponibles et peu fiables. Le recouvrement de créances est aléatoire. Les institutions        présentent de nombreuses insuffisances. Les entreprises évoluent dans un cadre difficile. Cela constitue un risque important pour les transactions interentreprises.
DL'environnement des affaires est très difficile. Les bilans des entreprises sont très rarement disponibles et quand ils le sont, ils sont rarement fiables. Le système  juridique rend le recouvrement de créance très aléatoire. Les institutions présentent des insuffisances majeures pour les transactions interentreprises.