L’observatoire des délais de paiement n’existe plus depuis la démission de son président Jean-Hervé Lorenzi, à l’automne 2014. C’est pour raviver cette institution que plusieurs organisations professionnelles ont organisé deux débats sur ce sujet, à l’heure où les entreprises de construction souffrent de plus en plus de l’allongement des délais de paiement clients publics et privés.

Les délais de paiement sont à l’origine de 25% des défaillances d’entreprises en France, d’après Pierre Pelouzet, le médiateur inter-entreprises. Pourtant, l’observatoire des délais de paiement, chargé d’évaluer depuis plusieurs années la situation sur ce front, n’existe plus. Son dernier président, Jean-Hervé Lorenzi, a en effet démissionné à l’automne 2014 parce que sa demande de faire du sujet des délais de paiement une cause nationale n’avait pas été entendue par les pouvoirs publics.

C’est pour sensibiliser l’opinion et les responsables politiques sur le sujet que trois organisations professionnelles, l’AFDCC (1), la CGI (2) et le Codinf, spécialiste de la gestion de crédit, ont organisé le 11 mars, à Paris, deux tables rondes sur le sujet. Avec l’espoir de voir se ranimer l’observatoire des délais de paiement par la nomination d’un nouveau président. Et l’on peut comprendre cette volonté au regard de la situation qui ne semble guère s’être améliorée, ces derniers mois.

 

Dans le BTP, un client sur trois paye en retard

 

D’après une étude du Codinf, en 2014, 47% des entreprises du BTP avaient perçu une augmentation des délais de paiement clients (48% une stabilité). Selon la même source, un client sur trois paye en retard dans le BTP. « Au vu de la situation économique, les entreprises de travaux publics ne peuvent plus se permettre de jouer le rôle de banquiers des collectivités locales, a affirmé Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), intervenant de l’une des tables rondes. Nous sommes tellement dépendants du délai de paiement des collectivités locales que nous sommes obligés de faire subir des retards de paiement à nos fournisseurs. S’ils ne l’acceptaient pas, tout un pan de notre économie ne parviendrait plus à travailler. »

Les professionnels des travaux publics souhaiteraient qu’une partie de l’argent de la Banque publique d’investissement soit fléchée pour soulager les trésoreries des entreprises. « Nous souhaitons également que l’Etat martèle le fait que les entreprises doivent être payées à temps », a ajouté Bruno Cavagné. Toutefois, « un certain nombre de ministères et de collectivités locales ont sensiblement progressé ces dernières années en matière de délais de paiement », note Frédéric Grivot, vice-président de la Confédération générale des PME. Tout en évoquant une « forte dégradation » globale de la situation sur les marchés publics comme privés.

 

« Les délais de paiement, plus on légifère, moins ça marche »

 

Pourtant, depuis la loi LME de 2008, http://www.lemoniteur.fr/149-vie-de-l-entreprise/article/actualite/la-situation-s-aggrave-sur-le-front-des-delais-de-paiement-27912117