Hausse du chômage, hausse du nombre de défaillances d’entreprises, baisse du pouvoir d’achat…. La crise est bien présente en France. Comme toutes les périodes difficiles, elle met évidence les faiblesses de notre économie et les fragilités de nos entreprises.

Le retard général des entreprises françaises sur le credit management par rapport à la culture « cash » des pays anglo-saxons est justement un facteur de fragilité. C’est ainsi que la gestion de la trésorerie et des impayés s’est retrouvée en ligne de mire de nombreux dirigeants.

 Le credit management comme le secteur du recouvrement, trop peu souvent considérés comme stratégiques, se retrouvent donc au cœur des attentions. Et cet intérêt porté aux impayés a montré le peu d’informations disponibles sur ce sujet.

 Contentia et le masterdIngénierieStatistiqueetNumériquedelUniversitéLilleI se sont donc associés pour tenter d’aider les entreprises à évaluer le climat du recouvrement en France. Le CRI (ContentiaRecoveryIndex) est né de cette volonté.

Outre le partenariat entre une société de recouvrement et un institut indépendant, la nouveauté de la démarche, réside notamment dans la construction du CRI, moyenne de statistiques publiques de la Banque de France et d’indicateurs provenant des bases de données de Contentia.

L’indice est à mis à disposition sur le Blog du Recouvrement qu’a récemment lancé Contentia, des analyses y présenteront régulièrement la tendance du CRI en tentant d’apporter des éléments de réponses pour comprendre cette évolution.

 Depuis sa création en 2010, la tendance générale du CRI est à la baisse. Cette évolution apporte plusieurs conclusions majeures.

Tout d’abord, il montre les difficultés financières croissantes des Français. Ainsi, il n’est plus possible de traiter le retard de paiement à la légère. C’est une véritable stratégie de gestion des impayés qui doit être mise en place dans les entreprises : la communication avec les équipes commerciales, la prévention, la relance tout comme les actions rapides dès le retard de paiement doivent être pensées. Toute la chaîne de la relation client doit être mobilisée.

Au deuxième trimestre 2012, le CRI est à la hausse pour la première fois depuis sa création. Cette remontée ne vient absolument pas remettre en cause la situation difficile des Français quant à leurs dettes. Ce nouvel indice vient plutôt confirmer une tendance à la prudence dans la consommation, signe d’une situation économique difficile et d’une volonté des ménages à anticiper un avenir incertain.

 Penser l’impayé dès la phase commerciale, et organiser sa gestion durant toute la relation client est un état d’esprit qui tend à se généraliser aujourd’hui. C’est parce que l’impayé touche toute l’entreprise que l’on parle beaucoup plus souvent de « gestion du poste client », terme significatif du tournant que commence à prendre le secteur.